Dans ce lieu, avant cette édition de Peinture Fraîche, il y avait L’Usine. 6000 m² de béton, de poussière, de pigeons et de chaos organisé.
L’Usine n’était pas seulement un bâtiment, c’était un concept. Brut, imparfait et authentique. Quand on allait à l’Usine, c’était pour travailler mais ici personne ne pointait.
Pendant dix ans, ce fut un refuge, un terrain de jeu, une famille. Des caravanes, des ateliers, des cuisines d’été et des salons d’hivers, des jams de graffiti improvisés. Et au coeur de cet univers, il y avait le Gardien du Temple : Claude. Celui qui nous a ouvert le portail bleu, celui qui a fait de cette friche un lieu de création, d’échange et de partage pour des artistes venant des quatre coins du monde. Des ateliers naissaient et disparaissaient.
« Faire son live » selon Claude c’est faire ce qu’on a à faire sans se poser de questions.
Faire du cinéma, du théâtre, peindre, sculpter, jouer, inventer.
Ici, on récupérait, on construisait, on découpait, on transformait. On pouvait essayer, se tromper, recommencer.
Et parfois, sans même s’en rendre compte, grandir, dans notre art comme dans la vie.
Quatre des artistes qui ont résidé dans ce lieu de création ont réalisé une oeuvre pour célébrer l’Usine et son Gardie : Heta, Mars Yahl, Ruane, Ynot.